Cette association n'a donc pas attendu la guerre de juillet pour se mobiliser et assurer une présence active sur le territoire libanais. Elle ne siège pas au Liban, et n'entretient aucune relation avec d'autres associations libanaises. Ses membres communiquent avec leur représentant au Liban docteur Joseph Haddad qui les informe des cas délicats.
Sur le terrain
Comment travaillent les membres de l'association sur le terrain ? La trésorière de l'association Marie-Ange Cacioppi nous a informé que leur première mission au Liban a été accomplie en collaboration avec de grandes associations connues à Monaco. Ensemble, ces associations ont aidé les orphelins et ont fondé des écoles ainsi qu'un centre pour enfants handicapés. Elles ont de même participé à la restauration d'une clinique de cardiologie, et au soutien de l'association « Sesobel ». La deuxième étape de leur travail a englobé les cas cliniques difficiles d'enfants démunis. Comment trouver ces enfants ? A travers le professeur Haddad qui leur envoie leurs dossiers médicaux. L'association étudie ces dossiers et choisit d'aider tel ou tel enfant. « Parfois, nous prenons à notre charge, dans la mesure du possible, les opérations coûteuses et risquées. »
Avant la guerre de juillet, l'association menait une campagne de vaccination. Selon Cacioppi, « vu l'état de guerre, nous avons changé d'objectif et décidé de donner les donations à la Croix Rouge de Monaco pour qu'elles soient envoyées au Liban. A la rentrée scolaire, nous mènerons une campagne de collecte de médicaments et d'habits au profit des enfants du Liban. » Les membres de l'association sont enthousiastes, et lorsque nous leur demandons pourquoi, ils répondent : « c'est elle qui nous encourage, elle est notre moteur et veut présenter aux enfants de son pays toute aide possible. Elle consacre tout son temps et son énergie au service de cet objectif. »
Cette association émergeante n'envisage pas actuellement de fonder des bureaux au Liban.
Des histoires du Liban
Nous avons demandé à deux des membres de l'association quelle était la cause de l'amour qu'ils ressentent pour le Liban. Ainsi, nous avons découvert l'histoire de Jean-Georges Gramaglia qui avait servi pendant six mois dans la force internationale au Sud du Liban en 1986, et précisément, dans le village de Jouba. Il travaillait comme infirmier et prenait soin des enfants. « Lorsque la présidente m'a expliqué l'objectif de l'association, c'était normal pour moi de vouloir continuer la mission que j'avais commencé il y a vingt ans, même après ma retraite de l'armée. Le Liban a une culture spéciale et je suis ravi de continuer à l'aider. Aujourd'hui, je ne suis plus infirmier ni militaire, et je vis loin du Liban, mais je suis toujours intéressé par ce pays, par ses citoyens, et par l'aide que je pourrais fournir aux enfants du Liban que j'ai soigné dans le passé. J'ai de très belles photos avec ces enfants. »
La deuxième histoire est celle de Frédéric Lefèvre. Lui aussi est un ancien militaire qui a été envoyé plusieurs fois au Liban pendant la guerre. Il a servi à Beyrouth et à la Békaa. Selon lui, « nous ne pouvons pas être neutres quand nous avions connu le Liban depuis vingt ans, durant des périodes difficiles. Chacun de nous a laissé une part de lui dans ce pays. Lorsque j'ai rencontré Bouran, j'ai souhaité travailler pour ce pays qui m'a beaucoup marqué. C'est un très beau pays. Nous avons aimé le Liban et les libanais et nous n'avons jamais oublié les enfants de ce pays. Lorsque j'ai vu les images de la dernière guerre à la télé, j'ai senti que c'était du déjà-vu… les mêmes anciennes images qui revenaient. »
Aline Mourani
journalist
An-Nahar Newspaper
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